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[LECTURE] Le Point titre ce mois-ci : « Chine, vous n’avez encore rien vu. »

2049, centenaire de la République populaire. Le projet est posé en 1949. 

Nous vivons au rythme des échéances électorales, la Chine déploie son « marathon de cent ans ».

On regarde un homme. C’est la vision qu’il faudrait regarder.

Quelle est a celle de la France, de l’Europe, de l’Occident ?

Dans ce cadre, les robots de Shenzhen et l’IA ne sont pas le projet : ils en sont la main. Les Nouvelles Routes de la Soieen sont les artères : une géostratégie au service d’une vision. 

Et l’objectif n’est pas de devenir le premier empire du monde. Il est de le redevenir. La nuance est décisive, parce qu’une revanche est plus patiente et plus puissante qu’une ambition. La Chine a été la première économie de la planète pendant l’essentiel des deux derniers millénaires, jusqu’aux années 1820. Elle ne vit pas une ascension, elle vit un retour.

Reste que ce plan a une horloge, et qu’elle tourne contre lui.

En 2025, la Chine a enregistré 7,92 millions de naissances, en chute de 17 % sur un an, et sa population a reculé pour la quatrième année consécutive. Sa population active a culminé en 2012 et passerait de 911 millions à environ 700 millions d’ici 2050. Le pays qui vise 2049 n’aura plus, en 2049, la démographie qui devait l’y conduire.

C’est ce qui rend la décennie qui vient plus dangereuse, et non plus rassurante.

Sur seize rivalités entre puissance montante et puissance établie recensées depuis cinq cents ans par Graham Allison, douze ont fini en guerre. Le piège de Thucydide n’est pas une théorie, c’est une statistique. Et il se referme d’autant plus vite que la fenêtre se rétrécit.

Pour un dirigeant, la conséquence est simple à formuler et difficile à admettre. Si votre concurrent, votre fournisseur ou votre client chinois arbitre à trente ans et que vous arbitrez à trois mois, vous ne jouez pas la même partie. Vous jouez celle qu’il a choisie.

Un État n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts, disait de Gaulle. Et les alliés de la Chine : la détermination et le temps. 

Alors une question, très concrète, qui est le début de la réponse : quand vous décidez d’un investissement, d’une implantation ou d’une dépendance d’approvisionnement en Asie, sur quel horizon le faites-vous ?

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