
Ils ne contestent pas nos règles, ils s’emparent des tuyaux. Et si le fossoyeur de l’Occident siégeait à Washington .
Onze chefs d’État et de gouvernement à New Delhi ce week-end, Vladimir Poutine, Xi Jinping et Massoud Pezeshkian au premier rang, reçus par Narendra Modi. Les commentaires ont été unanimes : un bloc s’organise contre l’Occident.
Puis on lit le texte. Cent quarante points adoptés à l’unanimité, et ce qu’ils défendent est l’Organisation mondiale du commerce, la clause de la nation la plus favorisée, le droit international et la Charte des Nations unies.
Xi Jinping, lui, a prononcé cette phrase :
« Un monde sans règles est comme un carrefour sans feu rouge : le chaos et le désordre sont inévitables. »
Le président chinois défendant l’ordre fondé sur des règles, contre qui ? La question mérite d’être posée sérieusement, parce que la réponse déplace le centre de gravité de l’analyse.
① Le poids réel du bloc
Créé en 2009 pour rassembler les grandes économies émergentes hors des institutions dominées par les États-Unis et les puissances occidentales, le forum réunit aujourd’hui onze membres de plein exercice, selon le site officiel de la présidence indienne : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, rejoints par l’Égypte, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Narendra Modi a rappelé l’ordre de grandeur : ces pays représentent la moitié de la population mondiale, 40 % du produit intérieur brut de la planète et plus d’un quart du commerce international. Aucun ensemble comparable n’existe en dehors du G20, et le G7 pèse désormais moins lourd démographiquement que le seul sous-ensemble asiatique de ce forum.
À ces onze membres s’ajoutent, depuis 2025, dix pays partenaires d’un statut intermédiaire : la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, le Nigeria, la Thaïlande, l’Ouganda, l’Ouzbékistan et le Vietnam. L’attraction exercée est donc mesurable, et elle constitue en soi un fait politique : vingt et un États ont jugé utile de s’associer à une enceinte que l’Occident ne contrôle pas.
Le poids est donc réel. Ce qui reste à établir est ce que ce poids a produit ce week-end.
Sources : Site officiel de la présidence indienne des BRICS 2026, brics2026.gov.in, liste des membres et des pays partenaires ; dépêches AFP, New Delhi, 11 au 13 septembre 2026 ; déclaration de New Delhi, 12 septembre 2026, site du Premier ministre de l’Inde.
② Ce que la déclaration dit vraiment : la défense de l’ordre occidental
Le point 20 du texte mérite d’être cité intégralement, parce qu’il contredit le récit dominant :
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la réforme de l’Organisation mondiale du commerce et au renforcement d’un système commercial multilatéral non discriminatoire, ouvert, équitable, transparent, juste, inclusif, prévisible et fondé sur des règles, avec l’OMC en son centre, tout en défendant ses principes fondateurs, tels que le traitement de la nation la plus favorisée et le traitement spécial et différencié des membres en développement. »
La clause de la nation la plus favorisée est le principe fondateur du GATT de 1947, devenu l’OMC en 1995. Elle a été écrite par les puissances occidentales, pour organiser un commerce libéral à leur avantage. Onze pays émergents en font aujourd’hui leur drapeau.
Le même texte exprime des « préoccupations sérieuses face à la montée des mesures tarifaires et non tarifaires unilatérales qui faussent le commerce et sont incompatibles avec les règles de l’OMC ». La cible reste innommée, et chacun la reconnaît.
Plus explicite encore, le point 8 déplore les tentatives visant à « saper unilatéralement le travail des institutions multilatérales mondiales, y compris en retenant délibérément les contributions obligatoires ». Un seul État retient aujourd’hui ses contributions aux Nations unies à une échelle qui justifie une mention dans un texte diplomatique.
Narendra Modi a donné à cette posture sa formule politique en appelant le Sud global, selon ses mots « en première ligne des crises mondiales mais en dernière ligne des prises de décisions », à passer du statut de suiveur de règles à celui de faiseur de règles, et à « changer cette structure pyramidale en structure de partenariat ». Transformer une pyramide en partenariat revient à réclamer une meilleure place à l’intérieur de l’édifice .
Sources : Déclaration de New Delhi, 12 septembre 2026, points 8, 13, 20 et suivants ; discours d’ouverture de Narendra Modi, 12 septembre 2026 ; dépêche AFP, 13 septembre 2026.
③ Les tuyaux : ce que le sommet a décidé, et ce qu’il n’a pas décidé
C’est ici que l’écart entre les titres de presse et le texte devient instructif, et il faut le documenter précisément car il engage la crédibilité de toute analyse ultérieure.
La presse internationale a rapporté que le sommet avait « lancé BRICS Pay », un système de paiement contournant SWIFT, reliant l’UPI indien, le CIPS chinois et le SPFS russe. Plusieurs titres ont évoqué une unité de compte adossée à un panier d’or.
Il faut d’abord dire ce que ce projet recouvre, car il est réel, et c’est bien un objectif assumé du bloc, même s’il n’a pas été entériné ce week-end. BRICS Pay désigne une infrastructure de messagerie de paiement destinée à relier les systèmes nationaux existants : l’UPI indien, qui traite les paiements instantanés de plus d’un milliard d’habitants, le CIPS chinois, système de compensation en yuans créé en 2015, et le SPFS russe, bâti après 2014 précisément pour survivre à une exclusion de SWIFT.
La finalité est explicite : permettre à deux entreprises de deux pays membres de régler une transaction sans que l’instruction transite par SWIFT, ni que le règlement passe par le dollar. S’y ajoutent, dans les travaux en cours, la promotion des règlements en monnaies locales, c’est-à-dire la dédollarisation des échanges intra-bloc, et l’hypothèse plus lointaine d’une unité de compte commune. Sur le terrain technologique, la zone d’intelligence artificielle en code ouvert annoncée par Xi Jinping relève de la même logique : opposer des standards accessibles aux modèles fermés commercialisés par les acteurs américains.
Cet objectif est pris au sérieux par ceux qu’il vise. Donald Trump a renouvelé cette semaine sa menace d’imposer 100 % de droits de douane à tout pays qui s’écarterait du dollar. On ne menace pas de cette ampleur un projet que l’on juge inconsistant.
Reste à établir ce que le sommet en a fait. Voici ce que la déclaration écrit, au point 90, dans son intégralité :
« Nous prenons acte des efforts du Groupe de travail des BRICS sur les paiements pour explorer des solutions pragmatiques de mécanismes de paiement transfrontaliers efficaces. À cet égard, nous prenons acte des travaux menés pour étudier l’interopérabilité transfrontalière des canaux de paiement et de messagerie, et des discussions sur la promotion des règlements commerciaux et des investissements en monnaies locales des BRICS, dans le respect des priorités nationales et en reconnaissant qu’il n’existe pas de solution unique. Nous encourageons le Groupe de travail à poursuivre les discussions. »
L’écart avec l’objectif affiché est saisissant. Vérification faite sur le texte intégral des cent quarante points, les termes suivants n’y figurent pas une seule fois : BRICS Pay, SWIFT, CIPS, SPFS, dédollarisation, monnaie commune, monnaie unique. La seule occurrence apparente de BRICS Pay est le fragment du nom du groupe de travail, BRICS Payment Task Force. L’expression open source n’apparaît pas davantage : la zone d’intelligence artificielle en code ouvert est une annonce chinoise faite dans le discours de Xi Jinping, non une décision du bloc.
Un groupe de travail explore, prend acte, et se voit encourager à poursuivre ses discussions. Et la clause d’échappement est explicite : « il n’existe pas de solution unique ». Cette formule ne s’écrit pas toute seule dans un texte négocié : elle porte la signature d’un membre qui refusait d’aller plus loin.
Il se construit pourtant quelque chose. Mais ce qui s’assemble est plus ancien, plus lent et plus institutionnel que les annonces. La Nouvelle banque de développement entame, selon le point 115, sa « deuxième décennie d’or » et reçoit mandat d’élargir son financement en monnaies locales. Le point 97 mentionne l’Arrangement de réserves de précaution, filet de sécurité financier du bloc, dont le traité sera amendé pour gagner en souplesse et dont le neuvième exercice de simulation est attendu. Le point 95 acte un pôle des banques centrales pour la formation, un canal rapide de sécurité de l’information, et des exercices de cybersécurité annuels pour le secteur financier.
Voilà les tuyaux. Ils existent, ils progressent, mais ils s’assemblent au rythme des traités et non à celui des communiqués. Les chiffres qui circulent dans la presse spécialisée, une part de 67 % des échanges intra-bloc réglée en monnaies locales, et près de 90 % des échanges sino-russes libellés en roubles et en yuans, ne figurent dans aucun document officiel du sommet et doivent être maniés comme des estimations, non comme des résultats validés.
Sources : Déclaration de New Delhi, points 90, 91, 95, 97 et 115, texte intégral ; South China Morning Post et presse financière spécialisée pour les estimations de règlement en monnaies locales ; vérification lexicale effectuée sur le texte intégral de la déclaration.
④ Les autres décisions, et ce qu’elles visent
La déclaration couvre les conflits, le terrorisme, le commerce, le climat, la technologie et le développement. Quatre ensembles méritent d’être retenus.
Le Moyen-Orient. Les onze pays ont surmonté leurs divisions pour exprimer une « vive préoccupation face à l’escalade continue des tensions » et exhorter les parties à la « retenue maximale », en précisant toutefois « conformément à nos positions nationales respectives », réserve qui dit l’ampleur du désaccord. Le texte s’inquiète des frappes sur les infrastructures civiles et nucléaires, s’oppose au déplacement forcé des Palestiniens, appelle à un cessez-le-feu à Gaza et soutient un État palestinien membre à part entière des Nations unies.
L’intelligence artificielle. Le point 81 reconnaît une « immense opportunité » et insiste sur l’accessibilité des ressources en intelligence artificielle « en particulier pour les pays du Sud global ». Le texte salue le sommet indien sur l’impact de l’IA tenu en février 2026. Le point 65 crée un centre d’excellence numérique pour les réseaux électriques intelligents, le point 95 organise la coopération sur l’IA et l’informatique quantique dans le secteur financier. L’enjeu porte sur l’accès et les standards, faute de la puissance de calcul, que le bloc ne possède pas.
La gouvernance mondiale. Le point 13 réaffirme le soutien à une réforme complète des Nations unies, Conseil de sécurité compris, et la déclaration appuie un rôle accru pour l’Inde et le Brésil. Là encore, il s’agit d’entrer dans l’institution, non de la remplacer.
Le protectionnisme vert. Le texte s’oppose au protectionnisme présenté comme politique environnementale. La formule ne vise pas Washington mais Bruxelles, et son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. L’Europe est donc une cible du texte au même titre que les États-Unis, ce que les commentaires centrés sur Trump ont largement manqué.
Une absence, enfin, vaut décision : l’Ukraine n’est mentionnée nulle part. Le bloc qui réclame le respect du droit international ne dit pas un mot de l’invasion d’un État souverain par l’un de ses membres.
Sources : Déclaration de New Delhi, points 13, 65, 81 et 95 ; dépêches AFP des 12 et 13 septembre 2026 ; Outlook India et Free Press Journal pour la synthèse des points de la déclaration.
⑤ Les divisions, qui fixent le plafond du bloc
La cohésion affichée à la tribune ne résiste pas à l’examen des positions.
La ligne de fracture principale oppose les deux géants asiatiques :
La Chine conçoit les BRICS comme un instrument de contestation de la puissance américaine.
L’Inde refuse explicitement que le forum contraigne quiconque à choisir son camp, et c’est elle qui, présidant ce sommet, a écarté les formulations anti-dollar les plus dures afin de ne pas compromettre ses partenariats stratégiques avec Washington et les capitales européennes.
La clause « il n’existe pas de solution unique » est le produit visible de cet arbitrage.
Le contentieux bilatéral demeure lourd. Le déficit commercial indien vis-à-vis de la Chine a atteint un record de 112 milliards de dollars sur l’exercice 2025-2026, et les deux dirigeants ont dû reconnaître la nécessité de traiter le « déséquilibre structurel » de leurs échanges. Six ans après l’accrochage meurtrier de 2020 dans l’Himalaya, ils se sont engagés à régler leur différend frontalier de façon « honnête, raisonnable et mutuellement acceptable », formule qui mesure le chemin restant. Modi avait accueilli ses hôtes par un message en sanscrit rappelant qu’on ne s’engage dans l’amitié « qu’avec les vertueux ».
La seconde fracture oppose l’Iran aux Émirats arabes unis, qui ont suspendu en août leurs échanges commerciaux et financiers avec Téhéran après avoir été visés par des missiles iraniens. En mai, les ministres des Affaires étrangères du bloc n’avaient pas réussi à s’accorder sur un texte commun.
Un dernier élément de calendrier éclaire l’ensemble : Xi Jinping se rend à Washington à la fin du mois. Le sommet de New Delhi est donc aussi une position de négociation, constituée quinze jours avant un tête-à-tête bilatéral. Un bloc que l’on mobilise pour améliorer ses termes d’échange avec l’adversaire désigné n’est pas encore une alliance.
Sources : Dépêches AFP des 12 et 13 septembre 2026 ; Nikkei Asia, comptes rendus de la rencontre Modi-Xi ; Time Magazine, 11 septembre 2026 ; The Washington Times, 11 septembre 2026 ; ministère indien des Affaires extérieures, compte rendu de l’entretien bilatéral.
Grille de lecture
Une norme disponible, des tuyaux lents, et une erreur de direction
I. Ils revendiquent nos normes parce que nos normes sont devenues disponibles
Une norme internationale n’appartient pas à qui l’a écrite, elle appartient à qui la défend. Tant que Washington garantissait l’Organisation mondiale du commerce, revendiquer l’OMC n’offrait aucun bénéfice politique aux émergents : c’était accepter la maison du voisin.
La situation s’est inversée. L’organe d’appel de l’OMC est paralysé depuis 2019 faute de nominations américaines, ce qui prive l’institution de sa capacité à trancher les litiges. Les droits de douane unilatéraux se sont multipliés. Les contributions obligatoires aux Nations unies sont retenues. La position de défenseur du multilatéralisme s’est trouvée vacante.
Les BRICS l’ont occupée, et l’opération est remarquablement économique. Elle ne coûte rien, puisqu’elle n’engage à aucune concession. Elle rapporte beaucoup, puisqu’elle rallie le Sud global à peu de frais et met l’Occident en contradiction avec ses propres textes.
Xi Jinping citant le droit international contre les États-Unis occupe un terrain laissé libre.
II. La vraie bataille est infrastructurelle, et elle est lente
La norme est déclarative, elle s’énonce en un communiqué. L’infrastructure est cumulative, elle s’assemble en une décennie. C’est pourquoi la seconde compte davantage, et c’est aussi pourquoi elle se prête si mal au commentaire d’actualité.
Qui contrôle les canaux fixe les conditions d’accès. Un pays exclu de SWIFT ne peut plus payer ses fournisseurs, quelle que soit la règle de l’OMC qui lui donne raison. La Russie l’a appris en 2022, et c’est l’expérience fondatrice du Groupe de travail sur les paiements. La bataille des tuyaux procède d’une leçon tirée d’une sanction, bien avant toute préférence idéologique.
Mais la nuance méthodologique s’impose, et elle protège l’analyse. Il faut distinguer l’annonce de l’exécution, le groupe de travail du système en service. Ce que New Delhi a produit sur les paiements est un mandat de poursuivre l’étude, assorti d’une clause d’échappement. C’est un progrès réel, et c’est encore très loin d’un système. Quiconque écrit aujourd’hui que les BRICS ont lancé une alternative à SWIFT écrit un fait qui n’existe pas.
III. Et si l’Occident n’était pas enterré par les BRICS, mais par Washington ?
Posons la comparaison froidement, en mettant côte à côte ce que chaque camp a fait à l’ordre multilatéral au cours des douze derniers mois.
Les BRICS n’ont pas réussi à s’accorder sur un système de paiement commun, ni sur un texte relatif au Moyen-Orient au niveau ministériel en mai, ni sur la moindre mention de l’Ukraine. Leur déclaration réclame une réforme des institutions existantes et une meilleure représentation en leur sein.
Dans le même temps, les États-Unis maintiennent la paralysie de l’organe d’appel de l’OMC, imposent des droits de douane unilatéraux à leurs partenaires comme à leurs alliés, retiennent leurs contributions onusiennes, menacent de 100 % de droits tout pays qui s’écarterait du dollar, et mettent à l’étude la souveraineté territoriale de leur plus ancien allié.
Lequel des deux démonte l’ordre le plus vite ? La question est empirique, et la réponse est mesurable. L’ordre multilatéral n’est pas assiégé de l’extérieur : il est déserté de l’intérieur.
Les BRICS n’en sont pas les fossoyeurs, ils en sont les occupants opportunistes.
Une réserve s’impose toutefois, et elle est importante. Ce constat ne rend pas le bloc inoffensif. Il établit seulement que la menace a été mal orientée : on a cherché l’adversaire du système à New Delhi et à Pékin, alors que son démantèlement effectif se décide ailleurs. Confondre l’héritier opportuniste et le fossoyeur conduit à se défendre du mauvais côté.
IV. Le plafond du bloc est fixé par son membre le plus occidentalisé
Tant que l’Inde a besoin de Washington et de Bruxelles, les BRICS ne peuvent pas devenir un contre-bloc. New Delhi présidait ce sommet, New Delhi a bloqué, et la clause d’échappement du point 90 en porte la trace. C’est une limite structurelle, pas un aléa de conjoncture.
Le corollaire mérite d’être formulé, car il dessine le vrai risque. Ce qui pourrait lever ce plafond viendra de la pression américaine sur l’Inde, bien plus que de la volonté chinoise. Les droits de douane imposés à New Delhi en raison de ses achats de pétrole russe poussent mécaniquement l’Inde vers le bloc qu’elle freine. Un Occident qui sanctionne son partenaire le plus modérateur fabrique lui-même la coalition qu’il redoute.
Ce que tout dirigeant doit en retenir
- Ne confondez jamais un communiqué et un traité. La distance entre les titres de presse sur BRICS Pay et le point 90 de la déclaration est la distance entre un projet et une décision. Avant d’ajuster une stratégie de paiement ou de couverture de change, exigez de vos équipes le texte source, pas la dépêche.
- Surveillez les tuyaux, pas les déclarations. La Nouvelle banque de développement, l’Arrangement de réserves de précaution et le Groupe de travail sur les paiements avanceront sans communiqués retentissants. Ce sont eux qui modifieront vos conditions de financement et de règlement dans cinq ans, pas les discours de tribune.
- L’Europe est visée, et pas seulement par ricochet. L’opposition au protectionnisme présenté comme politique environnementale cible directement le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Si vous exportez vers ces onze marchés des produits soumis à ce mécanisme, votre exposition réglementaire est devenue une exposition diplomatique.
- L’Inde est votre baromètre. Tant que New Delhi freine, le bloc reste un forum. Le jour où New Delhi cesse de freiner, il devient autre chose. Suivez les relations indo-américaines plus attentivement que les communiqués des BRICS : elles vous préviendront plus tôt.
Le monde ne se divise plus entre ceux qui défendent l’ordre et ceux qui l’attaquent. Il se divise entre ceux qui l’ont écrit et s’en retirent, et ceux qui ne l’ont pas écrit et s’y installent.
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Denis Deschamps
Docteur en sciences politiques · Décryptage géopolitique & géo-économie
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Sources
- Déclaration de New Delhi des BRICS, 12 septembre 2026, texte intégral en 140 points, site du Premier ministre de l’Inde : pmindia.gov.in
- Présidence indienne des BRICS 2026, site officiel, composition du forum et pays partenaires : brics2026.gov.in
- Ministère indien des Affaires extérieures, comptes rendus des entretiens bilatéraux Modi-Poutine et Modi-Xi, 12 septembre 2026 : https://www.mea.gov.in
- Organisation mondiale du commerce, principes fondateurs et état de l’organe d’appel : https://www.wto.org
- Nouvelle banque de développement, rapports institutionnels : https://www.ndb.int
- Nikkei Asia, comptes rendus de la rencontre Modi-Xi en marge du sommet, septembre 2026 : https://asia.nikkei.com
- South China Morning Post, analyse des avancées en matière de règlement en monnaies locales, septembre 2026 : https://www.scmp.com
- Time Magazine, « Why a Divided BRICS Poses No Challenge to America », 11 septembre 2026 : https://time.com
- The Washington Times, « BRICS leaders gather in New Delhi as wars and rivalries strain the expanded bloc », 11 septembre 2026.
- Outlook India et Free Press Journal, synthèses des points de la déclaration, 12 et 13 septembre 2026.
- Dépêches Agence France-Presse, New Delhi, 11, 12 et 13 septembre 2026.