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[ANALYSE] À Munich, pendant que l’Europe rêve de puissance, la Chine menace les États-Unis sur Taïwan.

  • La mise en garde de Poutine sur l’appétit de l’Otan pour les ex-satellites soviétiques en 2007,
  • Ou encore la violence des propos de JD Vance à l’égard de l’Europe en 2025.

Cette année, pendant que les Européens s’essayaient à la mobilisation et à l’unité en bombant le torse face aux États-Unis de Trump, la position chinoise, une nouvelle fois, fera date comme un signal fort… alors que tout le monde regardait ailleurs.


⚠️ La Chine a averti les États-Unis que « comploter » sur Taïwan mènerait à la « confrontation ».

➡️ Ligne rouge sur Taïwan = confrontation probable.


Lors de son intervention durant la Conférence de Munich, Wang Yi a déclaré que toute tentative américaine de « comploter » afin de séparer l’île de Taïwan de la Chine conduirait « très probablement » à une « confrontation ». Il a exhorté Washington à choisir le chemin « pragmatique » de la « coopération » et des « intérêts communs » avec Pékin. Il a appelé en parallèle à ne pas suivre une autre voie : « Celle du découplage, de la dissociation et de la rupture des liens avec la Chine, de l’opposition à tout ce qui touche à la Chine, celle de la formation de diverses cliques et groupes visant la Chine, voire celle d’inciter et de comploter pour diviser la Chine par le biais de Taïwan, franchissant ainsi les lignes rouges de la Chine », a-t-il dit. « Cela pourrait très probablement conduire à une confrontation entre la Chine et les États-Unis », a-t-il averti.


📢 Comme souvent avec les régimes autoritaires, le discours est sans ambiguïté, afin que la menace soit bien comprise.

➡️ Passage d’une dissuasion implicite à une dissuasion verbale directe.

🔥 Le changement majeur n’est pas le ton chinois, mais la normalisation publique du seuil d’escalade.

👉 Autrement dit : Pékin ne cherche plus seulement à dissuader, il prépare le cadre narratif d’une confrontation légitime.


Le langage direct et peu diplomatique du ministre des Affaires Étrangères chinois est très proche de JD Vance, à la même Conférence sur la Sécurité, un an auparavant.
La question de Taïwan est l’un des sujets les plus sensibles pour Pékin car elle touche à l’intégrité territoriale chinoise. La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.


🔥 La Chine de Xi Jinping n’exclut pas le recours à la force pour en prendre le contrôle.

🎯 L’Europe continue de débattre de sa possible puissance, incapable de voir les signaux qui se présentent sous ses yeux.

➡️ Pékin parle stratégie pendant que l’Occident parle posture.


La mise en garde fut également adressée au Japon. Wang Yi a de nouveau dénoncé les propos tenus en novembre par la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, sur la question taïwanaise. Elle avait laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d’attaque militaire contre Taïwan. Des propos jugés par Pékin comme une grave atteinte à sa souveraineté et qui ont très fortement tendu les relations bilatérales.

Wang Yi, pour appuyer la conviction de ses propos, n’a pas hésité à faire le parallèle avec l’Allemagne nazie, l’alliée du Japon de l’époque.

Saluant l’Allemagne pour avoir rompu avec le nazisme après la Seconde Guerre mondiale, Wang Yi a cité le Japon en contre-exemple, notant que certains criminels de guerre y étaient encore révérés et que « les fantômes du militarisme » nippon, responsable d’atrocités en Asie dans les années 1930-1940, n’avaient « pas disparu ».

« Toutes les nations éprises de paix devraient adresser un avertissement au Japon : s’il veut revenir en arrière et emprunter cette voie, il ne pourra que courir à sa perte », a-t-il souligné, prenant l’assistance à témoin. « S’il veut tenter à nouveau le sort, alors il essuiera une défaite plus rapide et plus cuisante encore ».

La question de Taïwan est d’autant plus sensible dans la relation Pékin-Tokyo que le Japon, ancienne puissance colonisatrice (dès 1931 sur le sol chinois), avait pris le contrôle de l’île en 1895 au détriment de l’Empire chinois, avant de la rétrocéder en 1945 au gouvernement chinois de l’époque.



👉 Et vous ? Avez-vous votre grille de lecture ?
👉 L’Europe prend-elle suffisamment au sérieux l’évolution du langage stratégique chinois ?

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