
La normalité n’existe pas en géopolitique
L’Histoire n’est ni linéaire ni paisible. Les périodes de stabilité prolongée sont l’exception, non la règle. Nous avons parfois confondu une parenthèse historique avec une norme durable. Le retour des conflits de haute intensité, des rivalités de puissance assumées et des logiques impériales n’est pas une anomalie : c’est une constante du temps long.
Ce qui change, en revanche, c’est notre capacité à les comprendre.
Le monde se recompose sous nos yeux
- Les États-Unis renforcent leur leadership, par tous les moyens,
- La Russie agit depuis un sentiment d’encerclement stratégique,
- La Chine avance déterminée, par paliers, sous les radars,
- Les puissances régionales s’unissent, grandissent, s’affirment,
- L’Europe hésite encore entre puissance normative et puissance réelle,
- De l’individualisme, l’Europe doit retrouver le chemin de l’Union.
Le système international, qui pensait, depuis Yalta, avoir mis en place un équilibre basé sur le commerce et les échanges, est redevenu un espace de rapports de force, de zones grises, de stratégies indirectes, d’alliances mouvantes.
Un jeu de go complexe où l’essentiel se joue rarement là où l’on regarde spontanément.
Entrer dans une décennie de bascules
Nous n’entrons pas dans une année comme les autres. Nous entrons dans une séquence historique.
Les années à venir ne seront pas marquées par un événement isolé, mais par l’addition de transitions profondes : géopolitiques, idéologiques, technologiques, énergétiques, démographiques et climatiques. Leur combinaison produit un monde plus instable, plus fragmenté, mais aussi plus ouvert aux recompositions et aux opportunités.
L’enjeu n’est plus de savoir si l’ordre international change, mais comment et à quel rythme.
Vers un monde plus stratégique
- La mondialisation ne disparaît pas : elle se transforme,
- Les chaînes de valeur se régionalisent,
- La sécurité redevient un principe structurant des politiques économiques,
- La puissance militaire retrouve une centralité qu’on croyait dépassée,
- La technologie devient un champ de rivalité stratégique à part entière.
Nous glissons d’un monde d’optimisation à un monde d’arbitrages. D’un monde de flux à un monde de stocks. D’un monde de règles partagées à un monde de rapports de force assumés.
L’incertitude comme donnée permanente
L’avenir ne sera ni totalement chaotique, ni ordonné. Il sera incertain. Et cette incertitude ne sera pas conjoncturelle, mais structurelle. Elle impose un changement profond de posture intellectuelle :
- moins de prédictions, davantage de scénarios,
- moins de certitudes, plus de signaux faibles.
Penser prospectivement, ce n’est pas deviner l’avenir. C’est identifier les trajectoires possibles, comprendre les contraintes, anticiper les ruptures et préparer les options.
D’où l’impératif d’une approche transversale et multidisciplinaire.
Changer de focale pour mieux décider
Dans cet environnement instable, l’enjeu n’est pas seulement l’information, mais le regard que nous portons sur elle. L’angle d’analyse conditionne la compréhension, et la compréhension conditionne la décision.
Regarder loin :
- C’est accepter la complexité, le temps long, les causalités multiples. C’est refuser les lectures simplistes, émotionnelles ou strictement idéologiques,
- C’est replacer chaque événement dans ses dynamiques régionales, historiques, économiques et culturelles.
La compréhension est la valeur décisive, ce n’est plus un luxe, c’est une nécessité stratégique
Dans ce contexte, l’information brute ne suffit plus. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à relier les faits, à hiérarchiser les dynamiques, à distinguer l’essentiel de l’accessoire, le structurel du circonstanciel.
Mon rôle est d’intervenir comme architecte de la décision dans cette complexité, autour de trois piliers complémentaires :
- Informer : organiser la lecture des événements à travers une veille mondiale structurée (24h sur la Planète), fondée sur l’identification des signaux et des dynamiques à fort impact,
- Décrypter : décoder les complexités, hiérarchiser les risques et éliminer le bruit informationnel par des conférences et des analyses opérationnelles orientées sur la performance,
- Accompagner : le décideur dans un cadre stratégique personnalisé, inscrit dans le temps long, au service de la gouvernance et de la trajectoire de l’entreprise.
L’objectif est d’apporter une grille de lecture à plusieurs niveaux pour transformer la complexité du monde en architecture décisionnelle claire, robuste et adaptable, afin de mieux comprendre, anticiper et arbitrer dans un environnement durablement instable.
Quelques repères pour la décennie qui s’ouvre
D’ici 2030, plus de 60 % de la croissance mondiale sera réalisée hors des pays de l’OCDE, tandis que les dépenses militaires mondiales, déjà supérieures à 2.200 milliards de dollars, devraient continuer de progresser sous l’effet des rivalités stratégiques et des conflits latents.
À l’horizon 2035, près de la moitié de la population mondiale, soit près de 9 milliards d’humains, vivra dans des zones exposées à un stress hydrique élevé, et plus de 1 milliard d’individusrésideront dans des États qualifiés de fragiles ou instables. Dans le même temps, 75 % de la population mondiale sera connectée numériquement, faisant du cyberespace un champ de savoirs, d’échanges, de commerce et de conflictualité aussi structurant que les espaces terrestre, maritime ou aérien.
Enfin, selon la majorité des scénarios énergétiques, la demande mondiale continuera de croître significativement, malgré la transition, accentuant les tensions entre impératifs climatiques, sécurité énergétique et souveraineté nationale.
Ces chiffres ne dessinent pas une fatalité, mais un cadre.
Ils rappellent une chose essentielle : la prochaine décennie sera moins prévisible, plus disputée, et profondément stratégique. Ceux qui sauront comprendre les dynamiques systémiques à l’œuvre, plutôt que réagir aux seuls événements, disposeront d’un avantage décisif.
Pour l’année à venir
Je vous souhaite une année de lucidité stratégique, de curiosité intellectuelle et de prise de hauteur. Une année où l’analyse éclaire les décisions, où la compréhension éclaire l’action, et où le temps long reprend sa place face à l’immédiateté dans un monde dominé par l’urgence.
Je vous souhaite une belle et grande année, pour vous et pour celles et ceux qui vous sont chers.
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